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LES INROCKUPTIBLES
(FRANCE)
NOVEMBER 2001
PIANO
MAGIC:
Son De Mar
4AD/ Labels
PIANO
MAGIC:
Seasonally Affective
Rocket Girl/
Dist: Ici D'Ailleurs
Jean-Bernard
André
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Découvert grâce à des histoires de dépucelage
dans les chambres dhútel racontées par des voix rendues blanches
par lorage, Glen Johnson et son Piano Magic ont par la suite exploré
chacun des recoins du rock anglais dans ce que le genre connaît
de plus noble - avec un penchant certain pour les voix de femmes
fragiles, pour un traitement quasi cinématographique des
idées. Piano Magic utilise le vrai son des choses, plante
le décor avec les boites à rythme de Kraftwerk, un
jeu de guitare cristallin évoquant Durutti Column. La profusion
de 45t que le groupe a sorti révèle que à linstar
de ses albums, Piano Magic utilise une idée par disque, jamais
la même. Faisant au hasard son marché dans ce déluge,
on se rend compte que le groupe est passé à coté
dune carrière de musicien électronique hors norme.
Des titres comme Annahbird voient Glen Johnson conjuguer la naiveté
musicale dun Plone ou Boards of Canada avec un cynisme et un mystère
qui rappelle celui des meilleurs titres de son groupe. Ce sont en
effet les décharges émotionnelles de French Mittens
ou Wrong French qui nous gagnent à sa cause dartiste maudit,
dimplacable metteur en scène dune musique fantastique dans
tous les sens du terme. Ce sont sans doutes ces qualités
qui ont incité le réalisateur espagnol Bigas Luna
à lui confier la réalisation de la BO de son film
Son De Mar. Piano Magic en profite à son tour pour dépoussiérer
son album de musique électronique ambiante Bliss Out dont
il va jusqu'a reprendre le thème musical principal en cours
de route. Mais le temps est passé par là, le son gagne
en chaleur ce quil perd en détail. Aucun des titres nest
nommé, tous semblent senchaîner dans un même
élan onirique et humide. Un violon recouvre dembruns quelques
notes de guitare et autres vagues cornes de brumes. Le tic tac dune
horloge égraine les minutes et ce sont quelques percussions
répétitives accompagnés de vocaux féminins
anonymes qui nous entraînent sans hâte vers quelque
issue fatale dont leau et le temps seraient les facteurs. Rappelant
les moments les plus évocateurs des Rachels, ce disque ne
nous dévoile une fois de plus que lune des facettes de ce
compositeur protéiforme, qui nest jamais meilleur que lorsquil
doit peindre des images avec des sons.
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